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1944-1958 : Lisieux à l’heure de la reconstruction – épisode 1 sur 2

Avant la Seconde Guerre mondiale, Lisieux était nationalement renommée pour son architecture à pans de bois. Mais les 6 et 7 juin 1944, la ville est détruite à 75% au cours des bombardements. La reconstruction durera quinze ans et changera à jamais le visage de la ville. Un visage finalement loin d’être inintéressant pour qui prend le temps de s’y pencher.

La reconstruction de Lisieux © Société Historique de Lisieux - droits réservés_L'Happy mensuel

Vue générale du centre-ville en ruines avec le boulevard Sainte-Anne au premier plan, et la cathédrale en arrière plan.

Calvados Auto Retro Lisieux_L'Happy mensuel

Au sortir de la guerre, l’ampleur des dégâts est telle que l’État organise la reconstruction à partir d’un nouveau ministère spécialement créé en octobre 1944, le MRU (ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme), avec pour objectif de reconstruire les villes en les modernisant : faciliter la circulation en élargissant les voies ou en en créant de nouvelles ; créer des espaces verts ; lutter contre la vétusté et améliorer l’hygiène avec l’eau potable et les réseaux d’assainissement qui n’existaient pas la plupart du temps.

Pour cela, de grands architectes sont agréés par le MRU pour établir les plans et programmes de reconstruction des grandes et moyennes villes : Auguste Perret au Havre ; Marcel Clot à Vire ; Marc Brillaud de Laujardière à Caen, etc. À Lisieux, c’est Robert Camelot, assisté de huit architectes locaux, qui est chargé de faire valider les plans par le ministère.

Un véritable casse-tête

Mais avant de reconstruire, il faut déblayer et évacuer pour partie les gravats ; déminer les terrains ; abattre les constructions fragilisées, assainir les sols, reconstruire les ponts, dévier l’Orbiquet, etc. Pendant ces travaux, des schémas d’aménagement et d’occupation de l’espace doivent normalement être définis, et débattus, à partir du cadastre de 1940 en vue d’un remembrement qui réponde aux objectifs politiques de l’État.

Pourtant, à Lisieux, le plan viaire reste inchangé ou presque et on ne dénombre que quelques élargissements de rue. Seule l’attribution des « dommages de guerre » issus de la Loi du 28 octobre 1946 a permis aux autorités et aux architectes « d’imposer » des changements notables comme partout ailleurs : reconstruction par îlots et régime de la copropriété peu pratiqué jusqu’alors dans une ville comme Lisieux. Ils ont été particulièrement difficiles à établir et ont demandé beaucoup de temps notamment du fait de la destruction d’un grand nombre d’archives notariées. En effet, chaque sinistré (plus de 10 000 biens à Lisieux) devait prouver l’existence de son patrimoine détruit pour qu’une évaluation puisse en être faite. Sans compter les âpres discussions sur leur localisation exacte, leur usage, etc.

Une architecture résolument moderne

Une fois les plans d’îlots validés, les travaux d’assainissement ont pu commencer et la ville s’est transformée en un immense chantier. Afin de donner un peu d’espoir à la population qui s’impatientait (les sinistrés étaient logés dans des baraquements), l’État engage la construction de quelques ICE (Immeubles Construction d’État) sur un îlot libre de toute nuisance, situé au Sud du Boulevard Sainte-Anne. Cela pour montrer le type de construction qui serait réalisé : la structure des immeubles est faite de poteaux et de planchers en béton, les vides remplis par les briques et les moellons en rangs horizontaux alternés. Ces bâtiments sont orientés côté Sud pour les pièces à vivre avec vue sur des espaces verts, pour apporter la lumière et l’air pur qui manquaient tant dans la ville détruite.

À suivre…

Gilles Hurel

Publié en juin 2020

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