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1944-1958 : Lisieux à l’heure de la reconstruction – épisode 2 sur 2

Avant la Seconde Guerre mondiale, Lisieux était nationalement renommée pour son architecture à pans de bois. Mais les 6 et 7 juin 1944, la ville est détruite à 75% au cours des bombardements. La reconstruction durera quinze ans et changera à jamais le visage de la ville. Un visage finalement loin d’être inintéressant pour qui prend le temps de s’y pencher.

La reconstruction de Lisieux © Société Historique de Lisieux - droits réservés_L'Happy mensuel

Façade principale des Immeubles Collectifs d’État, boulevard Saint-Anne. Tout au fond on remarque le pignon du restaurant “Le Rond Point”, encore existant aujourd’hui.

Route du Cidre Cambremer_L'Happy mensuel

… Outre l’impatience de la population face à la lenteur des travaux, s’est ajouté le rejet de toute évolution de l’utilisation de l’espace, de l’architecture et du modernisme prônés par les architectes et l’État.

Il faut dire que la destruction intervenue a été un véritable traumatisme pour la population et l’idée de présenter des projets de constructions à la morphologie et aux dessins « qui ne seraient plus comme avant », c’est-à-dire à pans de bois, a été l’objet de farouches oppositions entre les architectes et les sinistrés. Sans compter qu’habiter dans un immeuble en copropriété revenait à perdre une partie de sa liberté.

Une architecture classique en partie haute de la ville

Pour Lisieux, la reconstruction est synonyme d’une ville à deux visages. Toute la partie haute, depuis le boulevard Jeanne d’Arc en revenant jusqu’à la rue Pont-Mortain et la place Mitterrand est de style architectural classique régional, caractérisé par de grands toits à double pentes, de grosses cheminées, de grosses lucarnes, des ouvrants verticaux et une épaisse ceinture en béton au niveau du toit.

Cette morphologie classique est une caractéristique de l’architecture de la reconstruction, à Lisieux, mais également dans beaucoup d’autres villes reconstruites y compris hors de la Normandie.

C’est sur ces premiers îlots que le pouvoir de Robert Camelot ne s’est pas imposé face à une population réticente à l’architecture dite moderne.

Un parti pris plus moderne en partie basse

Toute la partie basse de la ville, allant de la place de la République (partiellement), de la rue des Mathurins jusqu’au Boulevard Pasteur et l’église Saint-Désir a reçu un traitement architectural beaucoup plus moderne avec des toitures à mono pente ou à très faible pente, sans cheminées, des ouvrants horizontaux et des implantations en redents, donnant une aération et de grands espaces verts à l’origine, entre chaque immeuble.

Là, Robert Camelot, second grand prix de Rome d’architecture en 1933, a imposé ses vues pour une ville moderne telle que l’avait préconisée l’État.

L’église Saint-Désir est son œuvre locale et même si elle est délaissée aujourd’hui par la ville, elle a été justement classée Monument Historique au titre du patrimoine architectural de la deuxième moitié du XXe siècle.

Hormis les délais de mise en route de cette reconstruction qui ont exaspéré les sinistrés, elle a apporté pour tous ceux qui y ont été relogés, une hygiène de vie, un confort sans précédent et, qu’on le veuille ou non, une image de ville plus jeune et plus moderne.

Gilles Hurel

Publié en juillet 2020

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