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Georges Thadée Bouton : un Honfleurais pionnier de l’industrie automobile

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Georges Thadée Bouton n’est pas honfleurais de naissance mais y est arrivé avec ses parents l’année suivant celle-ci, en 1848. Lesquels parents n’ont pas beaucoup réfléchi car associer à un nom patronymique somme toute très supportable, « Bouton », ce double prénom de « Georges Thadée » a du créer des situations de moqueries à répétition…!

De 7 ans son cadet, rien ne dit que l’ineffable Alphonse Allais l’ai côtoyé à Honfleur, cela aurait des traces dont la saveur manque au répertoire de l’humour du genre.

Bien plus tard, alors que Georges Thadée Bouton avait atteint la notoriété que l’on sait (DE DION-BOUTON c’est en partie lui, comme on le verra.) Alphonse Allais a quand même écrit que la plus noble conquête de l’homme n’est pas le cheval mais le tricycle DE DION-BOUTON !

Par quel cheminement assez mystérieux la famille Bouton a-t-elle choisi Honfleur pour y avoir son atelier de photographie, rue Bosquet dans le quartier Saint Léonard, on ne sait trop. Le père était bien initié pour avoir travaillé avec Daguerre, on suppose que le lieu inspirant les peintres pouvait le faire aussi pour les photographes, et cela ne se démentit pas avec le temps. Il semble que les parents se soient séparés mais Mme Bouton mère vivra à Honfleur jusqu’en 1872.

Thadée (prénom aux riches références chrétienne car c’est celui d’un petit neveu de la Vierge) fit sa scolarité sur place et l’on peut estimer qu’il y forgea, au sens propre, sa vocation et tout son potentiel. Il entre en effet en apprentissage chez Dubourg, forgeron, serrurier et mécanicien de la marine.

Il peut donc bien figurer parmi les honfleurais car ce sont des années importantes dans une vie.

Certes il franchit plus tard l’estuaire, au moins pour y travailler , « aux forges et chantiers de la Méditerranée » (sic).

Apres son service militaire il monte à Paris, et c’est le début de l’aventure. Il travaille en chaudronnerie, pour faire court, s’initie aux moteurs à vapeur, dépose un premier brevet en 1883.

L’ascension ne s’arrêtera pas grâce notamment à sa rencontre avec M. de DION qui apportera des capitaux et un carnet d’adresse. En 1884 ils trouvent des ateliers à la mesure de leurs besoins, à Puteaux. En 1889 le nom de marque, DEDION-BOUTON est déposé.

Vers 1900 on dit que la marque est la leader mondiale de l’industrie automobile, une major avant l’heure.

En 1905 l’usine compte environ 3 000 personnes, fournira jusqu’à plus de 200 marques en moteurs dont Renault et Delage.

Les voitures sont vendues à l’élite européenne, souverains et artistes. Elles seront équipées des premiers moteurs V8.

DE DION-BOUTON aura le flair marketing en 1907 en organisant un périple auto reliant Paris à Pékin, bien avant la croisière jaune de Citroën.

Avec aussi une formidable diversification : autobus, tracteurs, matériels ferroviaires et militaires, véhicules blindés et auto mitrailleuses… nous arrivons à la Première Guerre mondiale.

Mais d’autres marques auront la vedette et la crise de 1929 aura raison de la firme (en 1933).

Georges, né à Paris, y meut également à l’âge de 91 ans. Mais Honfleur aura marqué son imagination, son talent et impulsé sa vie.

Publié en mai 2021

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