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Marion Joffle, l’ange de glace

Marion Joffle aurait pu choisir de pratiquer la natation dans une piscine chauffée à 27°c. Mais non ! Adepte des défis et de l’extrême, c’est en eau glacée que la jeune femme préfère jouer les poissons. Bien que née à Flers (61) – il y a 21 ans – c’est à Lisieux que Marion a ses attaches et ses habitudes depuis son enfance. Elle y a appris à nager en bassin en 2007, puis a découvert l’eau libre en 2011. Désormais installée à Caen pour ses études, la sportive rythme ses journées autour de sa passion. En France, comme à l’étranger, elle a déjà décroché plusieurs podiums. Les derniers en date, avant le confinement, en Slovénie lors des championnats du monde en eau glacée. Humble, battante et joviale, Marion est une force de la nature. Et surtout, elle est porteuse d’espoir, elle qui s’est battue contre le cancer avant de faire le grand plongeon vers une vie meilleure. Sans faire de vague, discrètement mais avec détermination, elle s’apprête à mener deux grands challenges personnels. Elle nous en dit plus…

Samuelito ©Meg Pfeiffer_L'Happy mensuel
Senior senior_L'Happy mensuel

Nager en eau froide, en voilà une sacrée idée. Comment vous est-elle venue ?

C’est un peu grâce à mon projet de traversée de la Manche que cela est venu. Un ami m’a emmené nager dans une eau à 11°c. Et je n’ai eu ni sensations de froid, ni douleur. Du coup, j’ai testé le ice swimming en janvier 2018 en Allemagne. Une épreuve de 1 000 mètres. J’ai beaucoup aimé l’ambiance et le côté difficile des épreuves. J’aime les défis et les challenges.

Est-ce que vous pourriez faire de cette natation votre métier ?

Ah non, pas du tout. Pour moi ça reste juste une passion. Et je suis loin d’avoir le niveau pour en faire mon métier.

Justement, vous parlez du niveau. À 21 ans vous avez déjà un beau parcours et plusieurs palmarès. Quels sont vos prochains objectifs ?

Continuer de nager en eau froide car j’aime beaucoup. Je prévois toujours de partir en Arctique pour nager 1 609 mètres entre deux glaciers. Ça devait se faire en mai dernier, mais c’est reporté à mai 2021. Et puis il y a ma traversée de la Manche.

Parlons de cette traversée. Quand est-elle prévue et comment va-t-elle se passer ?

Elle aura lieu entre le 9 et le 15 septembre prochain. Le jour précis n’est pas calé, il dépendra de la météo. Je vais partir de Douvres, en Angleterre, pour rejoindre Wissant, à l’Ouest de Calais. En ligne droite, cela fait 34 kilomètres, mais dans l’eau c’est différent, ce sera plutôt entre 40 et 45 kilomètres. À ma vitesse, je devrais mettre entre 10 à 12 heures pour la faire. Je m’y prépare depuis 2017.

Est-ce vrai que l’eau froide est bonne pour la circulation du sang ?

Oui, mais à petite dose. Prendre une douche froide c’est très bon pour le retour veineux.

Mais rassurez-nous, quand vous prenez une douche, l’eau est chaude ?

Ça dépend. Si j’ai fait une sortie en eau froide avant, oui. Mais sinon, c’est douche froide.

En matière d’entraînements, quelle est votre journée type ?

Mes journées sont très centrées sur la natation. Je me lève à 5h30 pour être dans le bassin [ndlr : au centre nautique de Caen] à 6h30. Je sors de la piscine entre 8h30 et 9h. Je rentre chez moi pour prendre un bon petit-déjeuner et ensuite je vais en cours. Puis à 17h, je retourne dans l’eau jusqu’à 19h. De temps en temps, je travaille aussi au stade nautique. Je fais également 4 heures de musculation par semaine et quand j’ai le temps je vais nager en mer. L’hiver je vais m’entraîner au lac de Pont-l’Évêque ainsi que dans une chambre froide mise à disposition par la SCA Normande à Lisieux. Pendant le confinement, tout ça a été chamboulé. J’ai donc fait uniquement de la préparation physique.

Est-ce que tout le monde a un corps pour supporter ce type de nage ?

La préparation est primordiale, mais tout le monde n’est peut être pas capable de supporter le froid de cette manière. Pour une fille c’est sans doute plus facile car nous avons plus de masse graisseuse.

Quel est le plaisir de nager en eau froide ?

C’est magique ! Et puis c’est une revanche sur la vie… À l’âge de 5 ans, j’ai été diagnostiquée d’un cancer des tissus mous et j’ai été amputée du majeur droit. Je suis totalement guérie depuis 2015. Mon passé explique pourquoi je fais ça aujourd’hui.

D’ailleurs, votre traversée de la Manche est au profit de la lutte contre le cancer c’est bien ça ?

Tout à fait. Il y a une cagnotte en ligne disponible depuis ma page Facebook. La somme récoltée ira au profit de la lutte contre les cancers pédiatriques.

On annonce un été très chaud. Vous qui aimez le froid, vous avez hâte d’être en hiver ?

J’avoue que l’été n’est pas ma saison préférée, et encore moins quand il fait très chaud. Mais le vent marin réduit un peu les températures.

Pour terminer, quel est votre secret pour avoir toujours le sourire et être de bonne humeur ?

C’est tout simplement dans ma nature. J’ai toujours la pêche !

Publié en juillet 2020

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